L’accès à une eau potable de qualité et en quantité suffisante au sein des collectivités du Nunavik est parfois limité. L’eau est particulièrement vulnérable à la contamination. La majorité des collectivités utilisent des camions d’eau pour la distribution d’eau potable, stockée ensuite dans des réservoirs domestiques. Or, cette méthode peut favoriser la revivification des bactéries en raison d’une longue période de stockage exacerbée par un faible niveau de chlore résiduel dans l’eau, étant donné qu’une grande partie de la population n’aime pas que l’eau goûte le chlore. Dans beaucoup de collectivités, des avis d’ébullition d’eau sont souvent émis, dans la plupart des cas en raison de bris mécaniques ou d’une défaillance d’exploitation des réseaux d’alimentation en eau.
Cependant, ces avis fréquents minent la confiance de la population à l’égard de la qualité de l’eau distribuée et encouragent l’adoption d’habitudes de consommation différentes (p. ex. utilisation d’eau non traitée provenant de sources naturelles traditionnelles). Cette confiance mise à mal, on accuse souvent la piètre qualité de l’eau à domicile d’être à l’origine des problèmes de santé (diarrhée et affections de la peau) présents dans la population. Toutefois, il est difficile d’établir un lien de causalité précis, car de nombreux facteurs peuvent être mis en cause et n’ont aucun lien avec l’eau potable. En outre, le mode de transport et de stockage de l’eau potable ou la consommation d’eau naturelle non traitée peut exposer la population à des maladies d’origine hydrique. La fourniture de données fiables aux collectivités pourrait améliorer leur perception de la salubrité de leur eau et leurs pratiques de consommation d’eau. Nous nous pencherons sur la qualité de l’eau potable en élaborant, conjointement avec les collectivités, un programme de surveillance à long terme de la qualité de l’eau visant à la fois l’eau traitée, conservée à domicile, et l’eau non traitée provenant de sources naturelles, afin de protéger la population contre les maladies d’origine hydrique.
À cette fin, ce projet combinera la caractérisation chimique traditionnelle de l’eau avec la caractérisation microbiologique des échantillons par la génomique (par exemple, le séquençage du gène codant pour l’ARN ribosomique 16S, le séquençage du génome complet pour la détection de la résistance aux antimicrobiens et des gènes de virulence), le suivi des sources microbiennes pour identifier les sources de contamination fécale, et les pathogènes viraux ciblés.