Chercheur principal : Milla Rautio
Secteur : Environnement
Budget : 1 656 010,00 $

Début : 01 avril 2025

Les lacs arctiques sont des ressources naturelles essentielles sur le plan visuel et culturel pour les collectivités autochtones et les habitants du Nord qui les utilisent pour s’approvisionner en nourriture et en eau. Les collectivités locales élèvent leurs voix pour rappeler que la compréhension des changements que subissent les écosystèmes des lacs arctiques et de leur incidence sur la sécurité nutritionnelle et la santé humaine requiert l’adoption d’approches intégratives qui tiennent compte de la saison hivernale, des pratiques culturelles et des réseaux trophiques. Notre projet de recherche répond aux priorités définies par les organisations inuites, qui ont signalé des décès de poissons sous la glace en raison des conditions de faible teneur en oxygène, ainsi qu’une altération du goût du poisson et une diminution de l’accès à des activités culturelles sur la glace.

Nous souhaitons que les recherches arctiques traditionnellement menées pendant l’été se poursuivent toute l’année sous forme d’évaluations dans six régions de l’Inuit Nunangat. Nous tenterons notamment de comprendre les effets du réchauffement des hivers sur les lacs, d’élaborer des stratégies d’adaptation favorisant l’accès aux lieux de pêche, ainsi que d’améliorer notre compréhension de la santé des réseaux trophiques en eau douce et de ses répercussions socioéconomiques. Nous réaliserons des études détaillées sur la couverture de glace, les conditions de lumière sous la glace, la température, le débit d’eau et la teneur en oxygène, qui influe sur la survie et le transfert d’énergie, les acides gras essentiels pour la santé et la présence de contaminants dans les réseaux trophiques des lacs. De plus, nous utiliserons le séquençage de nouvelle génération pour identifier les gènes microbiens responsables du cycle biogéochimique des nutriments clés, de la production primaire ainsi que des flux de contaminants. Ces facteurs ont une incidence sur l’abondance et la santé d’importants prédateurs, comme l’omble chevalier, une espèce essentielle à la satisfaction des besoins culturels et nutritionnels.

Dans le cadre de notre projet, nous collaborerons avec des organisations inuites, des Aînés, des jeunes et des chercheurs et chercheuses en sciences environnementales et sociales afin d’élaborer des solutions qui nous amèneront à repenser les modèles et cadres actuels pour ainsi établir un plan de résilience qui renforcera les économies alimentaires locales et favorisera la poursuite des pratiques traditionnelles de pêche. Englobant les sites de recherche à l’échelle de l’Inuit Nunangat, notre projet proposera un point de vue innovateur sur les impacts des activités humaines sur la santé des lacs en hiver, une saison négligée par les études